Commander « juste » pour programmer un stock idéal.

L’Essentiel de la Chaussure, n°166, juillet-août 2015, page 54.

L’Essentiel de la Maroquinerie, n°58, avril 2013, page 22.

La gestion informatisée d’un magasin comporte de multiples avantages, notamment la possibilité de surmonter l’une des principales difficultés du gestionnaire de stock et/ou de l’acheteur : commander « juste » afin de notamment minimiser le poids financier de son stock tout en honorant l’objectif commercial. L’outil informatique de gestion des stocks permet donc de commander les quantités « idéales » en analysant les ventes de chaque article et les engagements des saisons précédentes selon les articles ou les familles d’articles identiques. Le plan d’achat, dont nous traiterons les aspects dans une prochaine édition, figure en bonne place dans la palette d’outils mis à disposition des décideurs pour des commandes équilibrées. En effet, se constituer un stock suffisant dans tous les rayons, toutes les familles et sous-familles, et par conséquent dans toutes les unités de besoin de son assortiment constitue la première étape d’une stratégie de commande réussie. Le point de vente pourra ainsi satisfaire la demande de sa clientèle, dans toute sa diversité et en fonction de ses objectifs. Or, malgré toute l’importance des engagements initiaux dans la réussite de la gestion d’un stock ou d’une réserve, cette démarche se transformera indiscutablement en succès si le réapprovisionnement est lui-même réussi.

Afin d’éviter les ruptures, tout en conservant des quantités de marchandises en stock raisonnables du point de vue comptable et en s’inspirant du « juste-à-temps », il est indispensable de songer à définir un niveau de stock idéal (par référence) en-deçà duquel il est jugé périlleux de descendre et à partir duquel il faut lancer une commande de réassort. Ce stock idéal (ou stock d’alerte) est un seuil minimum d’unités de produits à détenir afin de poursuivre les ventes entre deux dates de livraison sans risque de rupture. Il varie évidemment selon la rotation de stock de chaque référence. Le gérant d’un point de vente, qui peut détenir jusqu’à plusieurs milliers de références, ne peut connaître l’intégralité des quantités en stock et décider de passer une commande uniquement par instinct commerçant ou grâce à la surveillance visuelle. La programmation d’un stock idéal dans le back office du logiciel va déclencher une alerte automatique lorsque ce seuil est atteint, voire directement la commande : par exemple, s’il reste en stock 10 paires de chaussures d’une référence « x » (modèle, pointure, couleur) et que ces 10 paires permettent de faire face seulement aux ventes théoriques entre 2 livraisons, alors le stock minimum à détenir est de 10 unités. Pour prévenir le risque de rupture, il convient de définir idéalement le stock incluant cette part de risque (il s’agit de la nuance sémantique entre stock idéal et stock minimum). Dans cet exemple, le stock idéal sera de 12 unités (20% de marge d’erreur, le delta de 2 unités composant le stock dit de sécurité). Le gestionnaire de stock modérera en outre ces quantités en tenant compte de paramètres comme les capacités de stockage en rayon/réserve, le colisage et le rythme d’écoulement des articles (le samedi représentant près  de 50% des ventes pour certains commerces).

Optimiser la gestion des stocks passe certes par des engagements réussis (c’est au moment des achats que la saison se détermine fortement), mais également par l’attention toute particulière accordée au réassort tout au long de l’année. La définition d’un stock idéal par produit s’avère au final une fonctionnalité essentielle du logiciel moderne de gestion boutique.

Nicolas SALIN – Responsable Marketing VEGA STIAC – www.vega-info.fr