Codifier l’assortiment du magasin pour mieux construire son offre produits. Exemples de la chaussure et de la maroquinerie.

L’Essentiel de la Chaussure n°163, avril 2015, page 58.

L’Essentiel de la Maroquinerie n°53, janvier 2012, page 68.

L’informatisation des stocks nécessite de classifier l’intégralité de son assortiment en regroupant les produits selon leur appartenance à des sous-ensembles (rayon, famille, sous-famille) afin de constituer une nomenclature. Cette opération de classification qui consiste à découper un marché (par exemple le rayon « chaussures ») en sous-ensembles homogènes (la famille « chaussures femme », les sous-familles « bottes », « Louis XV », « sandales », « escarpins », « boots », « nu-pieds », etc.)  s’appelle la segmentation. Segmenter un marché, c’est donc regrouper les produits dont un ou plusieurs critères permettent de définir des sous-ensembles homogènes. L’ensemble obtenu, la nomenclature, permet de gérer très finement les opérations commandes/réceptions/transferts/retours de modèles, la politique prix, la gestion analytique (ventes et stock) ; en effet, chaque produit étant identifié par son appartenance à un segment = unité de besoin, il est alors aisé de piloter le point de vente en fonction des performances réalisées par les différents sous-ensembles de l’assortiment ainsi constitué. Si les analyses issues du logiciel de gestion de stock indiquent que la famille « chaussures femme » représente un poids supérieur en chiffre d’affaires à celui de la famille « chaussures homme », il conviendra de moduler les commandes, les mètres linéaires développés, lese mètres linéaires au sol… De même, si, dans la famille « chaussures femme », la sous-famille « botte » représente l’essentiel des ventes, de la marge ou bien de tout autre critère en comparaison avec la sous-famille « escarpins », le gestionnaire de stock devra aussi en tirer les conséquences.nomenclature chaussures nomenclature maroquinerie

Dans les secteurs de la chaussure et de la maroquinerie, la segmentation requiert 3 niveaux de déclinaison : le secteur, le rayon, la famille et la sous-famille. Il est inutile de descendre aux niveaux du sous-rayon, du segment et du sous-segment comme dans l’univers des PGC alimentaires ou de monter au niveau secteur (regroupement de plusieurs rayons). Toutefois, les thèmes complètent la nomenclature, ce qui permet au manager de l’offre de procéder à des regroupements par univers produits ; deux modèles distincts peuvent effectivement appartenir à deux familles distinctes ET deux rayons distincts mais à un seul univers en fonction de leur cible commune de clients, la mixité d’achat ou simplement leur proximité en point de vente. En outre, les critères comme la pointure et la hauteur de talon sont couramment utilisés ainsi que la marque : la caractérisation de chaque modèle par son rattachement à une marque, la matière et la couleur agrémente judicieusement la gestion unitaire produit. L’informatisation du stock permet donc une codification adéquate mais surtout son évolution.

Le cas particulier de la nomenclature maroquinerie.

Le rayon « maroquinerie femme » est découpé en sous-ensembles homogènes : nous pouvons par exemple distinguer la famille « sacs », les sous-familles « sacs à main », « sac porté bandoulière », « sac porté épaule », « cabas », « pochettes », « sac à dos », etc. Or, si les analyses issues du logiciel de gestion de stock indiquent que le rayon « maroquinerie femme » représente un poids supérieur en chiffre d’affaires à celui du rayon « maroquinerie homme », il conviendra d’en tirer les conséquences en terme de commandes, de surface allouée dans le magasin… De même, si, dans le rayon « maroquinerie homme », la famille « petite maroquinerie » représente l’essentiel des ventes, de la marge ou bien de tout autre critère en comparaison avec la famille « accessoires », le gestionnaire de stock devra identifier les disparités dans l’écoulement des ventes de chaque sous-famille et en tirer les conséquences en terme d’approvisionnement.

La gestion de stock en maroquinerie recouvre de multiples aspects dus principalement à la nature des produits : en effet, la matière revêt une grande importance : cuir pleine fleur (fleur de cuir), refente de cuir (croûtes de cuir), cuir velours, toile, toile jacquard, toile enduite, synthétique. Si nous ajoutons que les « cuirs naturels » proposent des différences de texture, de présentation et de teinte pour un même modèle et que les procédés de tannage affectent le produit fini de plusieurs manières : aspect, tenue, souplesse, couleur… nous comprenons rapidement qu’un logiciel de gestion de stock de maroquinerie doit impérativement comporter des possibilités étendues de désignation pour chaque modèle, ce qui impacte la nomenclature ; la codification informatique doit en tenir compte. Les boutiques de maroquinerie comprenant plusieurs sous-ensembles (sacs, bagagerie, petite maroquinerie, ganterie,  accessoires,  bouclerie et ceintures, voire chapellerie…) aux déclinaisons multiples (format, matière, couleur, etc.), il devient primordial de renseigner dans le logiciel une segmentation à 3 niveaux de déclinaison : le rayon, la famille, la sous-famille.

La segmentation de l’assortiment est donc le résultat de l’écoute des besoins de sa cible de clientèle et de son évolution, ainsi que de l’insertion des gammes imposées par les fournisseurs : bien penser sa nomenclature, c’est bien intégrer son offre et donc équilibrer son assortiment en composant entre des produits qui sont et seront bien vendus et d’autres produits qui font et feront vendre.

Plus d’informations  : l’informatisation des stocks et les nomenclatures magasins.

Exemples de nomenclatures pour les chausseurs et les maroquiniers.

nomenclature chausseur                  nomenclature maroquinier

Nicolas SALIN – Responsable Marketing VEGA STIAC – www.vega-info.fr