Comment choisir son logiciel de gestion de boutique ?

L’Essentiel de la Maroquinerie, n°63, août 2014, pages 44 à 48.

L’Essentiel de la Chaussure, n°147, septembre 2013, pages 101 à 106.

Dans « L’ABC de l’informatisation à l’usage des détaillants » paru dans l’Essentiel de la Chaussure de septembre 2012 (N°137), nous avions insisté sur les avantages procurés par les logiciels de gestion de magasins. Nous avions alors énuméré les raisons de s’informatiser, et elles sont nombreuses. Il nous a paru important de compléter ce bréviaire à l’attention des détaillants par quelques conseils quant au choix du logiciel. Pour prendre une analogie, il s’agit en quelque sorte d’un passage du futur logiciel sur le banc du contrôle technique pour répondre à deux questions primordiales ; premièrement, quels sont les points de vérification incontournables qui permettent de s’assurer de l’adéquation du logiciel avec les besoins d’un gestionnaire, et par extension avec ceux d’un commerçant ? En second lieu, quels sont les critères éliminatoires ?

Les règles d’or à respecter :

  1. un logiciel en temps réel, évolutif et pensé pour le commerce de détail
  2. un éditeur expérimenté, recommandé, doté d’un staff technico-commercial suffisant
  3. une démonstration par le fournisseur

Les critères d’élimination :

  1. les logiciels en temps différé qui nécessitent une communication manuelle
  2. les revendeurs sans véritable hotline, service développement et chargés de clientèle
  3. les logiciels de démonstration, véritables pièges sans soutien technique

Une offre pléthorique de logiciels, dans laquelle le meilleur côtoie le moins bon…

Nous vous encourageons à taper une requête simple dans Google : « logiciel gestion boutique chaussures ». La réponse du plus consulté des moteurs de recherche Internet est sidérante : 2 080 000 résultats ! Examinons la 1ère page, c’est-à-dire les 10 premiers résultats : 8 liens mènent vers la présentation de solutions logicielles, 1 lien indique un forum de discussion concernant les logiciels de gestion de chaussures, tandis qu’un autre aboutit à un catalogue de 92 logiciels de gestion de stock… sans compter les liens commerciaux.

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Pour rappel, voici un extrait de « L’ABC de l’informatisation à l’usage des détaillants » :

Attention toutefois à respecter certaines règles lors du choix du logiciel, toutes les solutions du marché n’offrant pas la même qualité de prestation, selon qu’elles agissent en temps réel (l’actualisation du stock s’effectue simultanément aux ventes) ou en temps différé (l’actualisation du stock s’effectuant généralement en fin de journée). Faut-il une connexion Internet ? Si oui, puis-je continuer à encaisser et travailler même en cas de coupure ADSL ? La réponse est obligatoirement positive. Si tel n’est pas le cas, passez votre chemin !

Parmi les règles incontournables, il convient de s’assurer du « sérieux » et de l’historique du fournisseur de logiciel, et par conséquent de son expertise ; là encore, il existe une différence de taille entre un éditeur développant un système et un revendeur, simple distributeur. D’autres critères sont à considérer, comme le service de formation au logiciel, la qualité de la maintenance, la disponibilité de la hotline, la fréquence des mises à jour.

Concernant l’outil logiciel plus particulièrement, le futur utilisateur s’informera sur les possibilités d’extension (nombre de points de vente) et le coût de ces évolutions ; en effet, en cas de croissance de votre activité, l’informatisation d’un ou plusieurs magasins supplémentaires doit pouvoir s’opérer de façon fluide sans envisager une nouvelle réorganisation informatique importante. Les vérifications préalables incluent les pré-requis matériels : vais-je opter pour un système tactile ? Qu’en est-il de la compatibilité avec les périphériques de caisse (imprimante ticket, douchette, afficheur, etc.) ? Quelle puissance et quel ordinateur ? Vais-je bénéficier d’une garantie sur site ?

Dans tous les cas, point d’informatisation sans démonstration par le fournisseur qui doit être en mesure de répondre à toutes vos questions en créant et manipulant vos propres marques et références dans son système. Evitez absolument les versions en libre-service qui se referment comme des pièges sur l’utilisateur quand il a saisi l’intégralité de son stock : cette méthode augure d’un service technique et/ou commercial insuffisant en nombre ou en qualité pour opérer une véritable démonstration. En outre, le testeur est livré à lui-même, vite découragé par le manque de soutien réactif.

C’est donc le point crucial à vérifier avec le fournisseur : ce système doit vous correspondre, c’est-à-dire correspondre à la logique de fonctionnement du commerçant : « je commande, je réceptionne puis je vends donc je commande de nouveau en fonction de ce que j’ai vendu et de ce que les prévisions de vente du logiciel m’indiquent ».

stock chaussures

Caisses tactiles Aurès

Un contrôle technique en 5 points

L’essentiel des vérifications concerne cinq points cruciaux : la sécurisation du système, la gestion d’un fichier clients, le pilotage des objectifs de vente, le temps réel et une solution adaptée aux supports actuels et futurs : les tablettes, smartphones et autres objets mobiles connectés.

Les solutions logicielles doivent permettre de gérer son activité en toute sérénité et en toute sécurité. Nous commencerons donc par vérifier que les fonctionnalités offertes couvrent l’ensemble des paramétrages requis pour un maniement sécurisé du système ; cela concerne notamment les différents paramétrages des profils des utilisateurs. Nous évoquerons également dans cet article grand format, l’importance d’un fichier clients dont la gestion fine se trouve désormais à la portée des détaillants, pour peu que le module intégré par le logiciel bénéficie des dernières avancées en la matière. Nous conseillons vivement de choisir une solution logicielle pourvue d’une fonctionnalité très prisée des managers : le module de fixation des objectifs, car un logiciel gère des stocks (commandes, réceptions, transferts, retours, réservations, devis…) et encaisse mais sert également à piloter son point de vente grâce à l’analyse de son chiffre d’affaires. Autre facteur à prendre en considération : le fonctionnement en temps réel, devenu un critère de choix incontournable. Et parce que nous sommes entrés de plein pied dans l’ère de la mobilité et de la simultanéité, un logiciel digne de ce nom aujourd’hui doit pouvoir officier sur les supports mobiles, smartphones et autres tablettes tactiles.

1. La gestion informatisée du point de vente en toute sécurité

ligne de caisses

Ligne de caisses

Les logiciels de gestion progressent régulièrement en terme d’efficacité et recèlent de nombreuses fonctionnalités au service du gérant, du directeur de magasin, de l’acheteur, du gestionnaire de stock, des hôtes(ses) de caisse, etc. Les besoins diffèrent selon le profil de l’utilisateur : quand le responsable de la surface de vente jongle avec les analyses, le personnel de caisse n’utilise généralement que les fonctions liées à la vente et la consultation des stocks. Un chef de caisse exercera son contrôle sur les points d’encaissement tandis qu’un responsable des ventes s’intéressera principalement à l’activité de ses vendeurs. Le comptable aura besoin du journal de caisse avec le détail des paiements, un acheteur manipulera particulièrement les analyses et le plan d’achat du logiciel ; autant d’exemples que de fonctions, selon la taille et le mode de gestion du magasin, et autant de données manipulées par l’ensemble des équipes. Une solution logicielle sécurisée doit donc impérativement permettre le paramétrage de profils utilisateurs afin d’accorder des droits correspondants aux besoins de chacun.

La gestion des profils, 3 avantages évidents : simplifier, protéger et encadrer

1-      Simplification de l’usage du logiciel. La définition précise de ce qui est autorisé et de ce qui ne l’est pas oriente l’utilisateur en affichant les menus strictement nécessaires. Le risque de suppression malencontreuse de données est considérablement réduit.

2-      Protection des données confidentielles. Dans certains cas évidents, le gérant souhaitera masquer certaines informations comme la marge, le prix d’achat, le coefficient multiplicateur, s’il juge que ce type d’information ne doit pas être dévoilé car non lié directement à la fonction de l’utilisateur concerné. Autre paramétrage possible : le gérant choisit délibérément un mode « consultation » mais interdit l’impression de ces données.

3-      Encadrer, ou plutôt cadrer ses employés, consiste à déterminer les plages horaires et les jours durant lesquels ceux-ci ont le droit d’utiliser le système, pour éviter ainsi des utilisations intempestives. En dehors des intervalles prévus, il est impossible pour ces derniers d’accéder au système.

Quand le paramétrage des profils n’exclut pas le contrôle…

Si la gestion des profils participe à la sécurisation globale du système, le gérant de boutique ne saurait se contenter de ces fonctions de paramétrage, qui correspondent à une sécurisation dite passive.

Les logiciels complets sont également dotés de fonctions de contrôle de l’activité du système, qui correspondent à une sécurisation dite active.

Les journaux du système enregistrent toute activité générée par n’importe lequel des utilisateurs. Le gérant, jouissant d’un profil administrateur, donc de tous les droits, peut consulter en temps réel et en intégralité la liste des actions réalisées. Prenons un exemple concret : à une date et à une heure données, le caissier « Untel » a procédé à une vente ; le  numéro de débit, la liste des articles vendus, le prix de ces articles, les modes de règlement et leur répartition sont mentionnés, ainsi que les remises éventuelles. De manière similaire, les retours articles, les remboursements, le flashage de codes-barres erronés, les heures de connexion et de déconnexion des utilisateurs, ainsi que tout évènement intervenu dans la vie du point de vente sont répertoriés, du moment qu’ils ont été générés par l’intermédiaire du logiciel, comme les mises à jour, les importations de référenciers… Cette fonction de traçabilité sert souvent à élucider des problèmes issus d’erreurs humaines (les erreurs de caisse, notamment).

Les solutions logicielles de gestion de magasin comportent toutes les fonctionnalités nécessaires au commerce. Cette observation, en forme de lapalissade, prête à sourire…et pourtant. Un système dépourvu de sécurisation via le paramétrage pointu des profils et les journaux du système ne comportera pas TOUTES les fonctionnalités exigibles par le commerçant, qui attend aussi de son logiciel une gestion en toute sécurité et en « total contrôle ».

2. Le fichier Clients : un atout supplémentaire du logiciel de gestion de magasins

Commander les bons produits, au bon moment, en bonne quantité, les positionner au bon endroit de son point de vente, avec la bonne présentation et au bon prix… autant de règles de gestion que chaque commerçant doit respecter et qui concourent au respect d’une seule : « Placer le Client au cœur de ses préoccupations ». LA REGLE D’OR DU COMMERCE.

Connaître son Client pour mieux composer l’assortiment

Centrer ses efforts sur la satisfaction du Client, c’est d’abord connaître son Client. L’informatique joue ici un rôle essentiel, car un logiciel de gestion de magasin permet de recueillir et croiser des données sur les achats et les produits. Dès lors, il est possible de dresser un panorama des habitudes d’achat sur la zone de chalandise du point de vente, de segmenter sa clientèle en fonction de la quantité et du type d’article acheté, la période et la fréquence de passage en caisse, le panier moyen, etc. grâce à l’exploitation du fichier Clients entretenu via le logiciel. Les résultats des analyses de ventes possèdent forcément un impact sur l’assortiment que le responsable de boutique modulera en fonction des préférences et des spécificités de sa clientèle (chaussures pour homme, femme, enfant et/ou confort, prix bas, gamme moyenne ou haut de gamme, achats associés, pointures, couleurs, matières, ou bien encore modes de règlement…).

Connaître son Client pour mieux communiquer

Exploiter son fichier Clients impacte dans la majeure partie des cas l’assortiment, mais pas seulement. Certaines actions commerciales en découlent directement : il est facile d’enclencher une mécanique de promotions ciblées (bons de réduction, % de réduction) par mailing en fonction de la date d’anniversaire, de la composition du foyer, de l’origine géographique. Les applications informatiques permettent en outre de mesurer les écarts de temps entre deux passages en boutique ; conséquence immédiate, le responsable commercial peut lancer une campagne de mailing auprès des clients non-acheteurs depuis une date définie pour redynamiser les ventes auprès de ce groupe, ou inversement renforcer les positions du magasin auprès de Clients fidèles en s’adressant à ceux ayant effectué un achat sur une catégorie précise d’articles. Ces opérations correspondront à la vocation du point de vente et à la stratégie de son responsable, mais ne sont rendues possibles que par l’usage des informations contenues dans la base de données du logiciel de gestion de magasin.

Connaître son Client pour mieux le satisfaire

Différencier les avantages et réductions pour chaque Client du fichier en fonction de son profil et de son historique, c’est invariablement personnaliser la communication, individualiser la promotion et par conséquent mieux récompenser sa fidélité. Un Client satisfait renseigne sur ses envies actuelles et ses besoins futurs, ce qui pérennise la relation. Un Client satisfait jouera un rôle de prescripteur auprès d’autres Clients potentiels autant de temps que durera sa satisfaction. Pour satisfaire sa clientèle, le commerçant se doit de renouveler ses gammes, anticiper les demandes, ré-enchanter son point de vente, surprendre et surtout comprendre ses attentes : en quelques mots, le commerçant doit « Placer le Client au cœur de ses préoccupations ».

Le traitement informatisé du fichier Clients est donc bien un atout supplémentaire du logiciel de gestion de magasin à disposition des chausseurs (certains y verront un atout décisif) dans la consolidation du chiffre d’affaires et dans l’amélioration de la profitabilité. Gardons à l’esprit ce principe marketing selon lequel faire revenir un Client existant coûte cinq fois moins cher que d’en conquérir un nouveau.

logiciel gestion stock

Logiciel de gestion de stock

3. La fixation des objectifs de vente

Des objectifs quantitatifs : le chiffre d’affaires

Fixer des objectifs ou plutôt fixer des objectifs de vente à une boutique revient à estimer la progression de chiffre d’affaires réalisable pour une période donnée, en général l’année N. Il s’agit donc d’objectifs quantitatifs basés sur la connaissance des chiffres de l’année antérieure, N-1, depuis lesquels le gestionnaire approximera les ventes, afin de se projeter sur l’année suivante. Gérer, c’est aussi anticiper.

La fixation des objectifs de vente concerne le magasin mais également les vendeurs.

Un logiciel de gestion de magasin est rappelons-le, un ensemble d’outils d’aide à la décision. Pour offrir une palette riche en outils, une solution logicielle doit comporter un module de fixation des objectifs pour aider au pilotage de l’activité commerciale. Les logiciels les plus évolués en sont effectivement dotés.

La méthode de détermination des objectifs de vente

La méthode de calcul la plus couramment utilisée dans la fixation des objectifs consiste à appliquer un pourcentage de progression au C.A. de l’année N-1. Ce pourcentage de progression s’applique à chaque jour d’activité. Pour calculer les objectifs de vente, le logiciel ne rapproche que les jours comparables ; exemple : un lundi de l’année N sera comparé au lundi de la même semaine de l’année N-1, et ainsi de suite pour chaque jour calendaire.

Plusieurs paramètres interviennent dans la définition du pourcentage : financiers, environnementaux et points de vente.

L’aspect financier est le premier à entrer en ligne de compte : le chiffre d’affaires va dépendre du nombre de pièces vendues mais aussi des prix à l’article, donc de la marge envisagée… La gamme va alors jouer un grand rôle : les modèles séduiront-ils la clientèle ? La gamme proposée influencera directement le paramètre financier. De sa « qualité » (il faut comprendre sa capacité à être écoulée au prix le plus élevé possible sans surstock et peu de remises), dépendra l’écoulement des ventes.

L’aspect environnemental est encore plus aléatoire : dans la zone de chalandise du magasin et dans la zone d’attraction des clients, de nombreux évènements peuvent intervenir dans le bon ou le mauvais sens : travaux, ouvertures de concurrents, nouveau parking, évènements divers sur lesquels le commerçant ne possède aucune emprise, vont drainer soit une nouvelle clientèle, générer un trafic supplémentaire, accroitre la visibilité, soit constituer des freins à l’activité au point de la réduire.

Enfin, le pouvoir d’attraction du point de vente en tant que structure influence en partie le chiffre d’affaires réalisable : merchandising et gestion de l’espace, vitrine, professionnalisme des vendeurs sont des facteurs importants à prendre en compte.

Fixer des objectifs individuels : un outil de management

En règle générale, il convient de procéder à la saisie des objectifs ou de l’envisager, deux mois environ avant la fin de l’exercice. La vision sur l’année écoulée se précise, et c’est alors le moment de discuter avec ses vendeurs de leurs objectifs de vente, après avoir fixé ceux du magasin. En effet, la fixation unilatérale sans participation de la force de vente se solde souvent par un échec des prévisions et donc des objectifs. En réalité, il s’agit également de manier la fixation des objectifs individuels comme un véritable outil de management. Les vendeurs doivent adhérer à l’objectif assigné, et s’investir pour l’atteindre en totalité. Pour se faire, l’objectif de vente doit être mesurable, adapté, réalisable dans la période considérée. L’informatique est une précieuse alliée du gestionnaire mais aussi du manager grâce à l’élaboration de tableaux de bord de suivi des objectifs.

Le commerçant averti, révisera probablement à l’aide de son logiciel les objectifs de vente du magasin en fonction de la conjoncture et des aléas qui ne manqueront pas d’intervenir, surtout dans le cas d’objectifs à long terme. Concernant la force de vente, il lui sera utile et judicieux de déterminer des objectifs à moyen ou court-terme,  les programmes informatiques étant capables de calculer des projections mensuelles, hebdomadaires, journalières. Les logiciels de dernière génération sont capables d’afficher une quantité impressionnante d’informations : objectifs cumulés mensuels, par période déterminée, représentations graphiques, comparaison des vendeurs, des périodes, etc. en prenant en compte d’éventuelles opérations promotionnelles ayant affecté le chiffre d’affaires de deux périodes comparables, en distinguant par exemple les groupes de produits pour affiner la définition des objectifs de vente.

4. La gestion des stocks en temps réel : évolution ou révolution ?

Le commerce de détail est en mouvement perpétuel

Depuis la fin des années 1970, le commerce de détail connaît des mues importantes, tant dans la façon de communiquer et s’adresser à la clientèle que dans la gestion back office de l’activité. La pratique de la vente et celle de la gestion se sont nécessairement transformées en raison de l’apparition de nouveaux besoins clients, de nouveaux modes de consommation, de nouveaux comportements d’achat, de nouvelles formes de concurrence… L’émergence de zones commerciales en périphérie, l’hégémonie croissante de la grande distribution généraliste puis spécialisée, la mutation importante des centres-villes, l’avènement de l’Internet ont été et sont toujours autant de facteurs influençant le commerce de détail.

Les variables environnementales sont multiples et finalement parfaitement identifiées par le commerçant. En vérité, sans adaptation, point de salut. Or, nous assistons actuellement à une accélération telle de ces changements environnementaux du commerce dans sa globalité, qu’il paraît impossible et impensable aujourd’hui de gérer ses magasins sans les informatiser. Les acteurs solides, à commencer bien entendu par les enseignes nationales, les chaînes et autres grandes surfaces, ont informatisé leurs parcs de points de vente depuis plusieurs années afin de bénéficier d’une réactivité logistique de tous les instants dans l’approvisionnement des rayons. L’optimisation des flux de produits permet par exemple le réassortiment d’un magasin par un autre via les transferts automatisés… En définitive, les logiciels de gestion apportent aux gestionnaires un surplus de réactivité qui peut effectivement créer la différence dans un contexte concurrentiel exacerbé.

E-commerce et instantanéité de l’information

fiche de stock

Fiche article

Ci-dessus : fiche article d’un site Internet e-commerce mentionnant les pointures en stock

Les logiciels en temps réel constituent une réponse efficace aux contraintes logistiques et à la hantise de la rupture. Les éditeurs ont donc mis au point des solutions logicielles qui échangent des informations à l’instant t aussi bien entre toutes les caisses qu’entre les entrepôts et tous les postes connectés de l’entreprise.

Les besoins d’informations en temps réel augmentent avec la mise en ligne des sites Internet e-commerce dont la liaison avec le stock physique ne souffre aucune latence. En effet, le temps réel se révèle indispensable au commerce en ligne : le client internaute qui commande un article proposé sur un site ne tolérera pas d’être informé après l’enregistrement de sa commande de l’indisponibilité de son produit pour cause de rupture. Aucun geste commercial (bon d’achat, remise exceptionnelle, etc.) ne réparera totalement le préjudice subi lors de l’acte d’achat avorté. Par la suite, le client potentiel se rendra tout simplement sur un site concurrent. Le temps réel existe aussi pour répondre à l’exigence d’un service de qualité.

Tablettes, smartphones : l’ère de la simultanéité

Les tablettes, les smartphones et demain les objets connectés comme les Google Glasses transforment en profondeur les usages et attitudes des clients. L’intensification des pratiques multi-écrans, le port permanent du smartphone dans son sac à main ou sa poche de pantalon, l’addiction à l’Internet, l’habitude de cliquer sur une icône pour un résultat immédiat forgent les exigences modernes d’un contexte au sein duquel l’absence de temps réel constitue un handicap rédhibitoire dans la relation client. Peu importe que cette dimension sociologique soit une évolution ou une révolution, le commerce de détail doit comme dans les années 1970 et finalement comme depuis toujours se réadapter et/ou se réinventer ; les solutions informatiques de dernière génération sont conçues, là encore, pour répondre à toutes les problématiques de gestion de l’information en temps réel.

5. Solution connectée : les logiciels de gestion de magasins sur tablettes et smartphones

Le principe du logiciel en tant que service, SaaS (Software as a Service)

Nous assistons depuis quelques années au développement d’une nouvelle forme de service logiciel à destination des gestionnaires de points de vente : l’application logicielle accessible via le web. A la différence d’une acquisition classique et définitive des droits d’exploitation d’une licence logicielle, l’utilisation d’une application informatique SaaS est soumise à un abonnement. Dès lors que ce dernier s’interrompt, l’accès à l’application prend fin.

Des avantages financiers et des inconvénients…financiers

Le principal avantage est d’abord pécuniaire. Dans le cas de l’ouverture d’une boutique, le budget consacré à l’informatique peut s’avérer un tel frein que certains détaillants débutants choisissent de différer l’installation du logiciel et du matériel avec toutes les conséquences fâcheuses que cela engendre en terme de rattrapage de saisie des données de stock, de vente, de coordonnées clients, etc. L’abonnement à un logiciel de gestion boutique en mode SaaS remédie à cette situation de départ parfois problématique en comprimant fortement l’investissement de départ, qui se retrouve lissé sur une période généralement constatée de 36 mois.

Autre avantage financier pour le détaillant, les mensualités sont considérées du point de vue comptable comme des charges locatives d’exploitation, qui viennent en déduction des produits dans le compte de résultat. Le résultat net imposable diminue, l’impôt sur les sociétés est donc moindre.

Le lissage du budget informatique permet donc de bénéficier d’un logiciel à moindre coût du point de vue de l’investissement initial. Démarrer une activité est donc plus simple, et fiscalement la déduction de charges locatives paraît intéressante. Mais attention : gardez à l’esprit que vous ne serez pas propriétaire des droits définitifs d’utilisation du logiciel ; de façon basique, toute cessation des règlements, une échéance impayée par exemple, ou encore plus simplement la fin du contrat de location causent l’interruption du service. C’est pourquoi ce genre d’offre des éditeurs de logiciels s’adresse prioritairement aux petites structures déjà en place, souhaitant s’informatiser mais attentives à leur budget, ainsi qu’aux détaillants en passe d’ouvrir, également soucieux d’une bonne gestion mais souhaitant minimiser l’investissement initial.

Les nouvelles offres connectées sur tablettes et smartphones (Illustration : fiche produit sur tablette, solution Polaris Web : stock et ratios de performance par pointure)

application ipad gestion magasin

Polaris Web : la gestion magasin sur tablette

Un autre type d’offre connectée : les applications sur tablettes et smartphones offrent des avantages supplémentaires et/ou complémentaires en appoint des logiciels de gestion de point de vente. L’évolution des usages informatiques initiée par le Cloud Computing s’étend ainsi aux supports mobiles parfaitement adaptés au mode connecté : ces objets nomades, géolocalisés, font profiter leurs utilisateurs d’informations en temps réel et en tous lieux avec possibilité d’interagir à l’aide de leur simple navigateur web, voire une application dédiée (Android, Windows Mobile, iPhone/iPad). Le Cloud Computing pallie en effet aux capacités de stockage restreintes de ce type de matériel.

Le principe du logiciel de gestion de magasins sur tablettes et smartphones

Le taux d’équipement en solutions mobiles croît à vive allure à tel point que le BYOD (Bring Your Own Device, veuillez comprendre en français : apportez votre propre équipement) devient une pratique qui se généralise chez les managers. En effet, émettre et recevoir ses mails professionnels, concevoir et transmettre des documents de travail, interagir avec ses collaborateurs et les systèmes d’information de sa société depuis son smartphone ou sa tablette personnelle, le tout en conservant une mobilité totale, sont des actions désormais courantes. Peu importe si le « Device » (équipement) est fourni ou non par l’entreprise, les gestionnaires de magasins, les acheteurs en déplacement sur les salons, les gérants d’entreprise apprécient d’obtenir un accès en temps réel à l’information.

A noter que la solution connectée mobile se matérialise soit par un accès à l’application de gestion de magasin grâce à un simple navigateur Internet, soit par une application téléchargeable depuis l’App Store (magasin d’applications) du système sur lequel repose le support mobile : iPhone, iPad, smartphones et tablettes Androïd, Windows Mobile, BlackBerry, pour les plus utilisés.

Des solutions connectées mobiles de plus en plus complètes

Alors que les solutions logicielles dédiées à la gestion de magasins se cantonnaient depuis leur apparition à la consultation sur mobile de ratios simples comme la consultation du chiffre d’affaires en temps réel, les observateurs notent une demande de services plus complets de la part des utilisateurs d’applications. La taille d’écran limitée et le manque de puissance des premiers smartphones ne permettaient pas beaucoup plus… Aujourd’hui, la multiplicité de tablettes de grande qualité, iPad ou autres, et de smartphones performants, jouxtées à une certaine maturité de leur usage, ont poussé les éditeurs à développer des services complémentaires pour répondre aux besoins toujours plus pointus des gestionnaires de stock.

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Gestion des stocks depuis une tablette

Les consultations diverses, que nous serions enclins à qualifier de statiques (même si ces données s’affichent en temps réel, il n’est pas possible d’interagir) forment le tronc commun de toutes les applications mobiles. Ainsi, en 2013, peu ou prou, il est considéré comme normal de connaître l’état de son stock ou de son chiffre d’affaires via une application mobile.

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Les transferts d’articles

Le choix se portera donc sur les solutions mobiles connectées offrant une palette de services étendus parmi lesquels la prise de commande, très utile lors des déplacements sur les showrooms. En effet, l’efficience du support sautera aux yeux de tous les acheteurs, en capacité de créer des modèles, y rattacher des visuels et des quantités commandées directement sur une tablette en liaison avec le back office informatique du ou des points de vente ! Exit le PC portable de 3 kg dans sa mallette encombrante. La fine tablette, légère, ergonomique, dotée d’un appareil photo prend progressivement le relais.

Autre fonctionnalité interactive complétant les gadgets passifs de type consultation de ratios : la possibilité de créer de transferts de produits d’un magasin à un autre ou depuis un dépôt en fonction de l’état constaté des stocks. Apprendre qu’un modèle est en rupture est certes utile ; pouvoir pallier à la rupture en transférant les quantités nécessaires est encore plus utile !

2013 : L’ère de la mobilité a sonné

Bienvenue dans l’ère post PC. 2013 marquera un tournant dans l’informatique : les ventes de tablettes vont probablement dépasser les ventes d’ordinateurs pour la première fois selon plusieurs sources autorisées. Sans remplacer les ordinateurs, les tablettes vont toutefois constituer une solution des plus complémentaires. A terme, les solutions logicielles de gestion de magasin déclineront par conséquent des fonctionnalités quasi identiques à celles offertes sur les ordinateurs classiques, la diagonale des écrans de 7, 8, 10 pouces et plus, le permettant. Les éditeurs planchent sur l’ergonomie la plus appropriée aux tablettes et autres smartphones : une même application doit s’adapter à son support et ne délivrer que les informations lisibles distinctement sur ce dernier.

Nicolas SALIN – Responsable Marketing VEGA STIAC – www.vega-info.fr